Le champion LMP3 ELMS 2024, Michael Jensen, se prépare à disputer les 24 Heures du Mans 2025 avec son équipe championne, RLR MSport. Il y fera équipe avec l'ancien champion IMSA GTLM Patrick Pilet et le champion 2017 de la Porsche GT3 Challenge Middle East, Ryan Cullen.
Ce ne sera pas la première participation de Jensen en LMP2 au Mans : il avait déjà couru avec CD Sport en 2022, terminant 9ème en LMP2 Pro/Am au volant de la seule Ligier JS P217-Gibson engagée sur une grille LMP2 comptant 27 voitures.
Michael Jensen a également remporté le titre LMP2 de l’Asian Le Mans Series 2024-2025 avec Algarve Pro Racing, s’imposant au terme des six manches de la saison aux côtés du pilote Hypercar Peugeot Malthe Jakobsen et de l’Italien Valerio Rinicella.
Jensen défend actuellement son titre ELMS LMP3 avec RLR MSport aux côtés de son coéquipier champion 2024 Nick Adcock et du champion LMP3 de la MLMC 2023, Gillian Henrion. Avec un podium à Barcelone suivi d’un abandon au Castellet, comment Michael Jensen résumerait-il le début de sa saison ELMS 2025 ?
« Déployer une toute nouvelle voiture sur le Circuit de Barcelona-Catalunya s’est avéré être un vrai défi sans essais de pré-saison, ni réglages », a-t-il expliqué. « Malgré cela, RLR MSport, Gillian (Henrion), Nick (Adcock) et moi avons réussi à décrocher un bon résultat, ce qui était super.
On aurait aimé enchaîner avec une autre belle performance pour marquer des points au Castellet, mais on a pris la mauvaise décision de partir en slicks et on a dû repasser aux stands très tôt pour passer en pneus pluie. Un contact malheureux avec une LMGT3 a malheureusement mis un terme à notre course. »
En vue du grand rendez-vous de juin, à quel point Jensen connaît-il ses coéquipiers pour Le Mans, Ryan Cullen et Patrick Pilet ?
« Patrick (Pilet) n’a pas besoin d’être présenté. Je le connais de réputation, c’est un pilote qui a déjà couru plusieurs fois au Mans et qui maîtrise parfaitement la catégorie LMP2. J’ai hâte de travailler étroitement avec lui.
Ryan (Cullen), en revanche, je l’ai d’abord croisé dans le paddock de l’European Le Mans Series. Après avoir testé ensemble l’ORECA 07-Gibson LMP2 de RLR MSport, je peux dire que c’est quelqu’un de très sympa et toujours prêt à aider. Il a aussi beaucoup d’expérience, je crois que ce sera son septième Le Mans. »
À quel point l’expérience acquise en Asie vous a-t-elle aidé à vous préparer pour les 24 Heures du Mans cette année ?
« Courir en LMP2 en configuration complète et engranger autant de temps de piste compétitif dans l’Asian Le Mans Series a été extrêmement bénéfique, car passer directement de la LMP3 à la LMP2 au Mans aurait été très ambitieux. Cette campagne asiatique, ainsi que les essais, m’ont permis d’arriver aussi bien préparé que possible.
Bien sûr, étant naturellement compétitif, j’aborde toujours une nouvelle saison ou une grande course comme les 24 Heures du Mans avec l’espoir de décrocher un podium, voire un titre. Mais en même temps, il faut rester humble, garder la tête froide et donner le meilleur de soi-même. Le Mans est une course extrêmement exigeante et longue : il faut un peu de chance, une fiabilité sans faille, et que chaque membre de l’équipe exécute sa tâche parfaitement, même dans la fatigue.
Nous abordons cette édition avec de l’ambition, et nous espérons rendre fière notre équipe lorsque nous franchirons la ligne d’arrivée, dimanche 15 juin à 16h. »
Jensen a déjà participé aux 24 Heures du Mans en 2022 avec CD Sport et, comme beaucoup de pilotes, il a sa partie favorite de ce circuit mythique.
« Passer les virages des "S" de la Forêt à pleine vitesse en pleine nuit, c’est quelque chose de spécial. Et quand le soleil se lève et que tu réalises que tu as survécu aux heures d’obscurité, c’est un moment vraiment unique. »
Il est également bien conscient des défis propres au Mans, comme la gestion du trafic avec les Hypercars et les LMGT3 :
« Regarder les bagarres intenses lors des précédentes manches du Championnat du Monde d’Endurance (le WEC) montre à quel point ce sport est devenu compétitif. Il y a 21 Hypercars pilotées par des pointures qui donnent tout pour gagner.
On a vu tant de fois qu’un simple contact peut t’envoyer dans le mur au Mans, donc pour moi, l’objectif sera de rester propre et constant, tout en gérant au mieux le trafic. »
Face à un plateau LMP2 fort de 17 voitures, dont neuf engagées en Pro/Am, quel résultat Michael Jensen viserait-il une fois le drapeau à damier agité le dimanche 15 juin ?
« Je pense sincèrement qu’un podium est à notre portée si on fait une course propre. Rien ne nous empêche d’y arriver si on évite les soucis mécaniques et les incidents en piste, mais encore une fois, Le Mans peut te surprendre à tout moment.
Au final, la stratégie en LMP2 Pro-Am est souvent la même : rester dans le tour du leader pendant 21 ou 22 heures, puis tout donner pour voir où tu termines.
J’espère qu’on aura du beau temps, pas seulement parce que je ne suis pas fan d’une course de 24 heures sous la pluie, mais aussi parce que ce sont les spectateurs qui rendent Le Mans si unique et iconique. Et il faut avouer que c’est plus agréable de suivre l’action sans parapluie. Avec du soleil et de bonnes températures d’été, l’ambiance promet d’être incroyable grâce à tous ces fans venus du monde entier. »