Champion LMP3 en 2018, Job Van Uitert participera à ses 7èmes 24 Heures du Mans, les deuxièmes avec IDEC Sport. L’an dernier, le pilote néerlandais de 26 ans est monté pour la première fois sur le podium des 24 Heures, en terminant troisième aux côtés de son coéquipier actuel Paul Lafargue et de Reshad De Gerus. En 2025, il vise une nouvelle progression sur le podium.
Vice-champion LMP2 du championnat pilotes ELMS en 2020 et 2022, Job Van Uitert n’a pas connu le meilleur des débuts de saison lors des deux premières manches de l’ELMS. Tandis que la voiture sœur, la n°18 d’IDEC Sport, s’est imposée à Barcelone puis au Castellet, l’équipage composé de Van Uitert, Paul Lafargue et Paul-Loup Chatin a dû se contenter des 8ème et 11ème places.
« Jusqu’à présent, la saison a un peu mal commencé, on n’a pas eu de chance », reconnaît Van Uitert. « À Barcelone, on a perdu beaucoup de temps. On a tenté une stratégie différente qui n’a pas fonctionné une fois que la voiture de sécurité est intervenue et que tout le monde a pu faire un arrêt gratuit, sauf nous.
Puis au Castellet, la course était quasiment terminée dès le premier virage, quand Paul s’est fait percuter et envoyé en tête-à-queue. Donc oui, beaucoup de malchance. »
Y a-t-il tout de même des éléments positifs à retenir de ces deux premières courses ?
« Oui, c’est encourageant de voir la voiture sœur remporter deux courses et mener le championnat », admet-il. « L’équipe a vraiment fait du bon boulot pour construire toute cette structure autour de deux voitures performantes. Maintenant, c’est à nous de faire des courses sans erreur, et on devrait pouvoir aller chercher de bons résultats. »
Bien que les 24 Heures du Mans ne fassent pas partie de l’European Le Mans Series, c’est la course que tous les pilotes rêvent de remporter. Cette année, 17 voitures LMP2 seront au départ, dont 15 issues de l’ELMS, accompagnées des championnes des championnats IMSA et ALMS.
Après avoir décroché la troisième place en 2024, que ressent-on en montant enfin sur le podium le plus emblématique de l’endurance ?
« Monter sur le podium au Mans est clairement l’un des plus grands moments de ma carrière ; les mots ne suffisent pas pour le décrire.
Quand on regarde tous ces fans en délire devant la ligne droite des stands noire de monde, c’est un sentiment indescriptible. C’est un rêve devenu réalité, et c’était encore plus spécial de le faire pour IDEC. C’était leur premier podium en LMP2 au Mans. J’espère revivre ça avec eux cette année, et on va tout donner pour y parvenir. »
Le Circuit de la Sarthe, long de 13,626 km, est unique en sport automobile. Qu’est-ce qui le rend si spécial pour un pilote ?
« Le Mans, c’est spécial parce que c’est Le Mans ! C’est à la fois un circuit routier et un circuit en ville. Ce qui fait qu’on ne peut pas vraiment s’y entraîner. On y roule uniquement pour cette course.
Les vitesses atteintes sont folles. C’est une piste très technique, avec de longues lignes droites mais aussi des virages très rapides. Ma section préférée, ce sont les virages Porsche. J’adore le rythme à cet endroit et la vitesse qu’on peut y maintenir avec une LMP2 est incroyable.
Et puis il y a la nuit. La nuit reste un moment à part, quand on est dans sa bulle, seul dans l’obscurité. On a peu de repères visuels et on entre dans un état de concentration différent. Il n’y a rien de comparable. »
Cette année, Job Van Uitert et Paul Lafargue seront rejoints dans l’Oreca-Gibson n°28 d’IDEC Sport par le pilote espagnol Sebastian Alvarez. Ce dernier remplace Paul-Loup Chatin, engagé en catégorie Hypercar avec Alpine.
« Sebastian Alvarez est un excellent renfort pour l’équipe. J’ai couru avec lui à Daytona cette année — une course qu’on a remportée sur la piste, mais dont on a été disqualifiés par la suite. Ce serait donc une belle revanche de viser la victoire au Mans, histoire d’atténuer un peu l’amertume. Sebastian est un super gars. Il est rapide, très humble — ce qui est une qualité importante —, agréable à côtoyer, et surtout une très bonne personne avec l'esprit d’équipe. C’est vraiment le coéquipier idéal pour une course comme Le Mans. »
Avant de participer à six éditions des 24 Heures du Mans, Van Uitert avait déjà goûté au mythe en 2018, lors de la Road To Le Mans avec RLR MSport — année où il a décroché le titre ELMS en LMP3. Une bonne préparation pour sa première participation aux 24 Heures en 2019 ?
« La Road to Le Mans a été une super expérience, au moins pour découvrir le grand circuit avant de le vivre pour de bon. Même si on ne roule pas énormément, chaque tour sur ce tracé est précieux. Ce n’est pas comme la Nordschleife, où tu peux t’entraîner à volonté et acheter des roulages supplémentaires.
Au Mans, tu apprends à construire ton rythme progressivement. Ce n’est pas un circuit sur lequel tu peux performer dès la première sortie. Il faut se mettre dans le rythme, ressentir comment la voiture se comporte sur cette piste unique… Et c’est là que l’expérience en conditions réelles fait toute la différence. »
Avec 17 voitures engagées en LMP2, dont huit équipages 100 % professionnels, quel serait un bon résultat cette année ?
« C’est une question facile : évidemment, une victoire serait un bon résultat !
Plus sérieusement, au Mans, il faut d’abord viser une course propre. Généralement, faire une course sans accroc suffit déjà pour monter sur le podium. Mais une course propre, ça veut dire zéro erreur aux stands, aucune panne mécanique, et que les 20 personnes de l’équipe soient irréprochables du début à la fin.
Il faut aussi un peu de réussite : que la voiture tienne le coup, qu’on évite les accrochages… Si tout ça s’aligne, alors on pourra se battre pour la victoire. Donc oui, une course sans faute et, avec un peu de chance, un podium. Ce serait l’objectif, pour moi comme pour toute l’équipe. »
Les 24 Heures du Mans 2025, 93ème édition de la plus célèbre course d’endurance au monde, auront lieu les 14 et 15 juin.